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Le
langage du vin (1) : la dégustation
A
partir de ce mois de novembre, je vous propose de
faire un bout de chemin ensemble pour vous familiariser
avec le langage de la dégustation et pour aller
à la découverte d’un monde extraordinaire
de senteurs, de saveurs et de sensations exaltantes.
Progressivement vous apprendrez à maîtriser
le vocabulaire utilisé jusqu’alors par
les professionnels et être plus à l’aise
dans cet exercice parfois difficile. Le vocabulaire
utilisé par les professionnels est simple,
il suffit de le connaître.
Mais avant de s’engager dans cette aventure
passionnante, il me semble indispensable de dénoncer
d’abord un certain nombre d’à priori
concernant la dégustation.
1.
La dégustation n’est pas une science.
Elle repose sur des sensations très subjectives
et n’a rien d’un exercice scientifique.
C’est pour cela qu’elle est intéressante.
D’ailleurs les erreurs commises, même
par les plus grands dégustateurs, sont assez
révélatrices. Combien de fois ai-je
vu des viticulteurs ne pas reconnaître leurs
vins parmi de nombreux autres ou encore des sommeliers
parmi les plus prestigieux prendre un vin du Val de
Loire pour un vin d’Espagne ?
Un bon dégustateur ne recherche pas la performance,
il doit être à l’écoute
de ses sens et ne doit pas avoir peur de se tromper !
2. Le but de la dégustation
n’est pas d’identifier
le précieux liquide qui est dans le verre mais
de dire s’il nous semble de qualité ou
non ou peut-être tout simplement si nous l’apprécions
ou non. Malheureusement, un grand nombre de dégustateurs
pensent que la reconnaissance du vin est absolument
nécessaire pour pouvoir être reconnu
par ses pairs. N’oublions pas qu’actuellement,
plus de 5000 cépages ont été
recensés. En tenant compte du nombre de viticulteurs,
de millésimes, d’appellations et d’assemblages
possibles, ce sont plusieurs centaines de milliers
de vins différents qui s’offrent à
nos papilles.
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Qui
peut revendiquer la capacité à les reconnaître?
Ne reconnaît-on pas ce qu’on connaît
déjà ? Alors restons modestes !
3.
Si la dégustation paraît souvent un exercice
de style et de vocabulaire, ce
n’est pas obligatoirement celui
qui parle le mieux, ou le plus, qui
goûte le mieux. En
somme, un bon dégustateur doit savoir maîtriser
son discours, rester humble et savoir faire partager
les sensations qu’il a perçues en utilisant
des mots simples et précis compréhensibles
de tous !
Si
la dégustation n’est ni une science,
ni un exercice divinatoire, ni même un art,
qu’est-elle vraiment ?
A ne pas confondre avec l’analyse sensorielle
utilisée à tort comme synonyme, la
dégustation est tout simplement
l’attention qu’on
porte aux aliments qu’on absorbe.
Est donc dégustateur
toute personne qui est attentive à ce qu’elle
mange et ce qu’elle boit.
De quelle manière me direz-vous, peut-on prêter
attention à ce qui est dans notre assiette
ou dans notre verre ?
En étant, le plus naturellement possible, à
l’écoute de nos sens.
La dégustation est sans aucun doute l’exercice
le plus sensuel qui soit !
Peut-on
alors apprendre à déguster ?
Si effectivement nous goûtons tous depuis le
tout début de notre existence, nous avons souvent
beaucoup de mal à mettre les mots justes sur
les sensations qu’on perçoit.
Je vous propose donc par une démarche progressive
et méthodique de vous aider à acquérir
l’outil qui vous permettra de parler avec plus
de facilité de ce que vous appréciez.
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