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langage du vin (2) : le goût
Avant
d’aborder de façon méthodique
la technique utilisée par les dégustateurs
pour caractériser un vin, il est nécessaire
de définir tout d’abord ce qu’on
appelle le goût.
Si on se réfère au Petit Larousse, il
est le « sens qui permet de discerner les saveurs
des aliments et la langue en est l’organe ».
Cette définition, limitant le goût à
la perception des saveurs, semble assez peu correspondre
à la réalité.
Aujourd’hui on considère plutôt
le goût comme
une sensation globale à plusieurs composantes.
La première est sans aucun doute la composante
visuelle. La couleur
fait effectivement partie intégrante du goût.
Une expérience assez simple à réaliser
en apporte la preuve. Donnez à goûter
un sirop de grenadine coloré en vert avec un
colorant neutre et observez les réactions :
vous verrez qu’on fait beaucoup plus confiance
à ce qu’on voit qu’à ce
qu’on goûte.
Le décor de la table a aussi son importance
et chacun sait que les assiettes les mieux présentées
nous paraissent les plus savoureuses.
La deuxième est la composante
olfactive. Qui pourrait aujourd’hui
séparer les sensations olfactives du goût
? N’est-il pas d’usage de dire que ce
que nous mangeons ou ce que nous buvons n’a
pas de goût lorsque nous sommes enrhumés
? Pourtant, dans ce cas, seule la perception des odeurs
et des arômes
est altérée, celle des saveurs restant
intacte.
Quant aux saveurs
détectées par les papilles, elles constituent
une des composantes essentielles du goût. Les
saveurs sucrées,
acides, salées et amères
sont les plus connues. Il en existe pourtant de nombreuses
autres ; citons par exemple celle de la réglisse
ou encore celle de l’ "umami"
(monoglutamate de sodium) qui comme le sel, est utilisé
comme exhausteur de goût dans la cuisine asiatique.
En bouche encore, peuvent être également
perçues des sensations
tactiles (consistance, viscosité,
etc…) et thermiques (température, brûlant
de l’alcool…).
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Enfin,
il est aussi d’autres sensations qu’il
ne faudrait pas oublier et qui jouent un rôle
non négligeable dans la perception du goût,
ce sont les sensations
d’irritabilité ou de
piquant (somesthésie) procurées par
exemple par le soufre, l’alcool, le vinaigre,
le poivre, la moutarde, etc…
Le panorama serait incomplet sans la perception
auditive. On sait par exemple que
le croustillant participe aussi au goût. Bien
entendu, en ce qui concerne les vins, cette sensation
n’est pas prise en compte même si chacun
peut constater qu’il est difficile de déguster
correctement dans un milieu bruyant.
Si, on considère le goût comme l’ensemble
de toutes ces sensations, l’examen de celles-ci
constituera alors la trame de la méthode utilisée
par les dégustateurs pour caractériser
un vin.
Toutes les fiches de dégustation sont divisées
en quatre parties :
-1. Œil
ou encore examen des sensations visuelles.
-2. Nez
ou examen des sensations olfactives.
-3. Bouche
ou examen des sensations gustatives et des autres
sensations perçues en bouche.
-4. Impression générale
et conclusion.
Nous aborderons donc de façon progressive et
méthodique l’étude de ces différents
aspects qui nous permettra, en utilisant un vocabulaire
approprié, de parler plus facilement de ce
que nous apprécions.
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