| Le
langage du vin (3)
Comme
nous l’avons déjà précisé,
le goût est une
sensation globale à plusieurs composantes.
La composante visuelle étant l’une d’entre
elles, il est donc tout à fait naturel, dans
notre exercice d’apprentissage, de commencer par
l’examen des sensations
visuelles.
Toute dégustation débutera donc par l’observation
de la robe du vin.
Cette robe sera caractérisée tout d’abord
par sa couleur.
C’est ainsi qu’un vin rouge sera de couleur…..rouge,
un vin rosé de couleur……rose
et un vin blanc de couleur..…jaune.
(Et oui, c’est le lait qui est blanc, mais pas
le vin !)
Je sais, vous allez me dire que tout cela paraît
quelque peu simpliste.
Mais prenons le cas du vin rouge par exemple. Sera-t-il
rouge violacé,
rouge pourpre, rouge grenat, rouge rubis, rouge orangé,
rouge brun, rouge noir, rouge tuilé,
etc…Si la couleur effectivement reste simple à
déterminer, trouver la nuance
qui correspond au vin qui est dans son verre semble
un peu plus délicat. Pourtant la précision
de cette nuance est importante car elle nous apporte
déjà de précieuses informations
:
- Informations concernant
le cépage (pour les vins rouges uniquement).
Tous les grands cépages utilisés pour
l’élaboration des vins rouges de qualité
sont des cépages "noirs à jus blanc".
La couleur des vins ne vient donc pas du jus mais de
la pellicule; elle est transmise au jus au cours de
la macération. Comme la matière colorante
n’est pas rigoureusement identique d’un
cépage à un autre, nous observerons donc
des nuances différentes. C’est ainsi que
le Pinot Noir
aura tendance à donner des vins de couleur rouge
rubis, le Gamay, des vins plutôt rouges
violacés, la Syrah, des vins
rouges noirs, le Cabernet
Sauvignon, des vins rouges
bruns. (Attention, certains vins peuvent
montrer des robes surprenantes, il s’agit donc
d’être extrêmement prudent quant à
l’interprétation!)
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-
Informations concernant l’évolution du
vin.
Je préfère parler d’évolution
plutôt que d’âge, car, comme pour
les êtres humains, la notion d’âge
est relative et certains vieux vins peuvent paraître
encore jeunes alors que d’autres très jeunes
semblent déjà très fatigués.
En tout état de cause, une robe or pâle
à reflets verts ou rouge à la frange encore
violacée nous feront penser à un vin fringant,
possédant une certaine fraîcheur; alors
qu’une couleur ambrée ou tuilée
annoncera sans aucun doute un vin plus souple aux arômes
plus sauvages.
Si
la nuance est un des éléments essentiels
de la couleur, ce n’est pourtant pas le seul,
il ne faudrait pas oublier l’intensité.
Deux vins de même nuance peuvent montrer des intensités
différentes. Un vin rouge de Bourgogne peut avoir
une robe d’un rouge rubis clair ou d’un
rouge rubis foncé. Savez-vous que jusque vers
le milieu du 19ème siècle, les vins de
Pommard étaient des vins de primeur de couleur
œil de perdrix (entre le rose et le rouge) car
issus de macération courte ?
Aujourd’hui, le consommateur penche plutôt
pour des vins colorés obtenus par des macérations
plus longues (2 à 3 semaines) et une extraction
plus intense.
Mais cette intensité dépend également
de la maturité du raisin, du rendement, de l’âge
de la vigne et de la nature du sol.
Quant au dégustateur, son interprétation
restera modeste. Pour lui, plus le vin sera coloré,
plus sa corpulence et sa charpente seront importantes.
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